Sans titre (Whatwecall…)

// Ce texte à été rédigé à l’occasion de l’acquisition de la pièce par l’École Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole en 2015

La pièce Sans titre (What we call), à été réalisée durant l’automne 2013.

Elle se déploie en un jeu de 160 cartes, représentant chacune la même  photographie de la Devil’s Tower, un site géologique américain célèbre pour sa silhouette spectaculaire. Sur chacune des cartes est imprimé le même cliché du site avec plus ou moins de transformations, ainsi qu’un grand caractère typographique blanc sur la plupart d’entre elles. En agençant les cartes selon les recommendations au dos de chacune d’elles, la silhouette du massif rocheux réapparait à une autre échelle, rejouant plastiquement un effet de contrejour. Cet agencement fait également apparaître une longue phrase qui dresse à son tour le portrait de ce même lieu en énumérant ses différentes appellations, souvent très imagées. On y retrouve par exemple à plusieurs reprise des figures telles que l’ours, le grizzly, puis le mauvais dieu et enfin le diable.

Cette pièce ce situe au carrefour de plusieurs axes de recherche dans ma pratique. Elle poursuit d’une part une exploration des différents moyens de représentation du paysage en convoquant une représentation iconique extraite d’une page Wikipédia, une description narrative, et un jeu de registre avec la citation de l’imagerie touristique et des cartes postales. Cette pièce fait également référence plastiquement aux peintures de l’artiste californien Ed Rusha, sur lesquelles on retrouve ces caractères typographiques blancs, et dont les motifs sont également empreints à l’imagerie médiatique, voir publicitaire.

Ensuite, cette pièce témoigne aussi d’une recherche littéraire entamée plus tôt dans mon travail, investiguant différentes formes de poésie concrète, en utilisant dans le cas échéant un procédé d’énumération, à la manière de certains textes de Christophe Tarkos, de Dominique Meens ou encore de William Carlos Williams. Enfin, cette pièce s’inscrit également dans une recherche poétique plus vaste, convoquant à la fois l’univers de la Science Fiction et les théories sur la dictée poétique par les martiens de Jack Spicer – dans la culture populaire, la Devil’s Tower reste très connotée par son rôle dans l’intrigue du film rencontre du troisième type – mais aussi les théories sur la musique non idiomatique de Dereck Bailey – le massif rocheux est constitué de phonolite, pierre magmatique aux qualités sonores d’exceptions.

 

%d blogueurs aiment cette page :